Bricolons-nous ! (1/2)

Dans un monde chaotique, par nature imprévisible, sommes-nous préparés collectivement ? individuellement ? pour vivre ou pour sur-vivre ? Désormais alors que nous avons la connaissance de l’humanité à portée de clic, nous avons tout à réinventer : notre éducation, nos métiers, notre culture (lire l’article sur l’hypercortex), nos capacités à faire ensemble et finalement à être soi. Nous fonctionnons en miroir, en « spéculation » (mise en miroir du latin speculum, reflet du futur dans le miroir du présent) : notre culture collective nous construit individuellement, nous forge, alors qu’en même temps, nous lui donnons corps. Cette culture n’existe qu’à travers nos individualités. Nous ne pourrons pas changer collectivement sans changer individuellement, et vice et versa. Et pour cela, quelques conseils et une philosophie : bricolez. Bricolez vos objets, bricolez vos talents, bricolez le web, bricolez votre travail, bricolez vos réseaux, bricolez-vous !

Rédigés par Jacques Attali, 7 principes sont détaillés dans le livre survivre aux crises.

Le premier principe consiste à se respecter soi-même, ce qui implique de se fixer des valeurs et de s’y tenir. Le second principe, appelé « l’intensité du temps », doit nous conduire à développer un projet sur le long terme, tout en étant capable de vivre l’instant présent comme s’il était le dernier. Le troisième axe, « l’empathie », consiste à comprendre les dangers qui nous entourent, à étudier les autres (individus, nations, entreprises…) de manière à distinguer alliés potentiels et véritables adversaires. Le quatrième principe, « la résilience », vise à se donner des assurances pour ne pas tout perdre si un bouleversement devait survenir, à ne compter que sur nous même. Le cinquième pilier, la « créativité », doit permettre de transformer une infortune en opportunité, en envisageant chaque problème comme un défi à relever. Le sixième axe, « l’ubiquité », doit aboutir, à l’extrême, à changer radicalement de vie, à devenir – au moins en apparence – le contraire de soi. Enfin, si rien de ce qui précède ne suffit, il faut se mettre en position de légitime défense et renverser les règles qui menacent sa propre survie, quitte à sortir de la légalité.

J.Attali relance cette injonction : « débrouillez vous ». Dans cet article il est question de ne compter que sur soi-même et sur toutes les ressources accessibles : travailler ses talents, se former, inventer son propre métier, changer d’endroit, …

Agissez comme si vous n’attendiez plus rien du politique. […] Concrètement, cela signifie qu’il convient de ne plus attendre la moindre amélioration des prestations sociales, la moindre baisse des impôts, la moindre création d’emploi public, ou la moindre décision positive d’aucune sorte. Débrouillez-vous, tel est mon conseil. Cela veut dire: au lieu de rester chômeur et d’attendre une offre d’emploi, formez-vous, créez votre entreprise et votre emploi, avec les crédits encore disponibles; si vous avez un emploi ennuyeux, inventez vous-même une nouvelle façon de faire votre métier, quel qu’il soit, plus amusante et plus créative. Si votre chef vous ennuie, inventez une façon (il y en a mille) de le contourner, de le neutraliser. Si vous êtes chef d’entreprise, n’attendez pas de baisse d’impôt pour investir ou embaucher; choisissez votre stratégie au regard du monde comme il est. […]

Le monde appartiendra demain à ceux qui, aujourd’hui, auront su renoncer à attendre quoi que ce soit de qui ce soit. De leurs parents. De leurs patrons. De leurs maires. De leurs gouvernants. Si, dans cet éloge du réalisme, il vous reste, ce que je souhaite, une once d’altruisme, alors aidez ceux qui vous sont proches à oser aussi. Surtout ceux qui sont trop faibles ou démunis pour pouvoir se prendre en charge. Pour cela, créez des solidarités associatives, et prenez vous-même en charge la responsabilité des générations suivantes. […] Pensez à vous, aux vôtres. Et osez affronter la salvatrice solitude.

Ce bricolage de soi est essentiel (lire l’article Que sommes nous en train de devenir ?). Cela deviendra un Art. Le numérique permettra de plus en plus cette individuation intégrale, cette capacité que chacun découvre son ou ses talents. Ces derniers sont nombreux, de nouveaux apparaissent en permanence, ils nous concernent tous individuellement et collectivement. L’Art du bricolage de soi sera mené en même temps qu’un travail continu de reliance à de nombreux réseaux, des collectifs d’intérêts, des communautés, que certains voient comme les institutions du 21ème siècle. Cette émergence horizontale de groupes de personnes structurés en grand nombre, inédite dans l’histoire de l’humanité, prend de nombreuses formes, construisant plusieurs types de liens entre personnes, complétant les relations historiques (famille, ami, connaissance, …).

Nous nous définirons demain par nos talents individuels et nos réseaux, et non par nos diplômes ou notre entreprise.

Individuation et travail solitaire permanent sur ses talents, couplés à des pratiques en réseaux sous différentes formes pour s’engager dans des projets collectifs, telles seront nos prochaines activités.

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2 commentaires pour Bricolons-nous ! (1/2)

  1. Julien Fortin dit :

    Nous n’avons jamais eu l’occasion d’échanger “IRL”, aussi je me permets un : merci pour cet article car “telles sont nos activités”.

  2. Ping : Bricolons-nous ! (2/2) | Bricologie & Sérendipité

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