L’être et l’écran, la révolution ontophanique

La thèse de Stéphane Vial rassemble des points essentiels à connaître concernant la révolution numérique, son livre « l’être et l’écran » vient de paraître.

Etreecran
L’aura numérique, proposée par Daniel Kaplan, des objets ne se questionne plus. Il se constate. Et ce n’est qu’un début. Tous les produits industriels issus de la 2ème technique dominante, celle de l’acier et du charbon, se numérisent. D’abord l’électronique est ajouté, puis des interfaces, puis des écrans, puis le numérique renverse le design et devient le point d’entrée. Les promesses du numérique sont nombreuses; certaines n’ont pas eu lieu, d’autres, inattendues, nous bouleversent. La FING les étudie pour mieux s’en imprégner.

L’ontophanie numérique : la perception de l’être à l’ère du numérique

S.Vial propose que la technique dominante, ici le numérique, après le charbon et l’acier, structure notre perception du monde. Ainsi, notre regard sur le territoire, le déplacement, ou encore la rencontre, sont bouleversées par le numérique. Nous ne voyons pas l’autre de la même façon. La technique dominante a donc un impact philosophique majeur au delà des fonctions pratiques des objets qu’elle anime. L’ingénieur, le designer ont donc un rôle clé, d’une portée aujourd’hui largement sous-estimée et sous-enseignée.

« L’être et l’écran », le livre de Stéphane Vial, apporte une nouvelle grille de lecture essentielle sur le présent, donc sur nos futurs. Une émission de France Culture, Place de la Toile, lui a été consacrée :

Issu de son travail de thèse « La structure de la révolution numérique : philosophie de la technologie« , Stéphane Vial nous indique qu’il s’agit bien d’une révolution ontophanique, c’est-à-dire un ébranlement des structures de la perception et du processus par lequel l’être nous apparaît. Il devient alors urgent que toutes les structures, dont les entreprises issues de Prométhée (aujourd’hui dépassé par Hermès nous dirait M.Serres) s’engagent totalement dans ces territoires pour y percevoir de nouvelles formes de liens sociaux. Elles n’ont pas d’autres choix que de le vivre, elles ne pourront pas l’étudier de « l’extérieur ».

S.Vial nous propose onze caractéristiques fondamentales pour décrire l’ontophanie numérique : la nouménalité (que l’on peut percevoir sans être capable de le décrire ni de l’expérimenter totalement), l’idéalité, l’interactivité, la virtualité, la versatilité, la réticularité (capacité à fonctionner en réseau), la reproductibilité instantanée, la réversibilité, la destructibilité, la fluidité et la ludogénéité (capacité à être expérimenter par le jeu). Et il indique que « le rôle du design, comme activité phénoménotechnique qui façonne le monde, est défini comme essentiel dans la constitution créative de l’ontophanie numérique« .

Nous utilisons toujours la communication orale, l’écrit ne l’a pas supprimée. Le numérique ne va pas supprimer l’écrit et l’oral. De même, le numérique -Hermès- ne va pas supprimer les industries de la transformation -Prométhée, il va par contre les modifier et sans doute les dominer.

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